Le roman de Tokyo, en route vers 2020 (1er épisode)

Les jardins seigneuriaux de l’époque d’Edo

Promenade dans des jardins magnifiques

| Daimyo Garden

Le jardin Hamarikyu-onshi

En haut à gauche, une treille de glycines en fleurs avec en toile de fond les grands immeubles du quartier. En bas à gauche, l’étang de marée Shioiri-no-ike, dont le niveau est régulé par l’intermédiaire d’une écluse en fonction du flux et reflux de la marée en baie de Tokyo. En haut à droite : le Rainbow Bridge, par-delà la baie de Tokyo. En bas à droite, des pins typiques de cette zone maritime, éparpillés sur l’étendue du jardin.

Une fois passé le portail, un espace immense s’offre à la vue du promeneur qui en oublierait presque qu’il est en ville. Rafraîchi par la brise de la baie de Tokyo et doté d’une foison de verdure et de fleurs, le jardin Hamarikyu-onshi est né en 1654 lorsque Matsudaira Tsunashige, seigneur de Kôfu et frère cadet du 4ème shôgun Tokugawa, Ietsuna, décida le comblement d’une zone située en bordure de mer. Cette zone devint connue sous le nom de « Kôfu Hama-yashiki »
(« pavillon de plage de Kôfu), puis au terme de nombreux aménagements prit sa forme quasi définitive et le nom de « Hama-Goden » (« Palais de plage ») sous le règne du 11ème shôgun, Ienari. Son statut après la Restauration de Meiji fut celui de villa impériale (« Rikyu »), d’où son nom actuel, « Hama-Rikyu ». L’un de ses éléments les plus remarquables est l’étang de marée Shioiri-no-ike, alimenté en eau de mer depuis la baie de Tokyo, que l’on peut traverser en passant le pont Otsutai-bashi pour rejoindre la maison de thé sur l’île du plan
d’eau, Nakajima-no-ochaya, qui offre une perspective imprenable. Las, la vieille ville d’Edo n’est plus, mais les grands immeubles qui ceinturent ce jardin japonais offrent un spectacle inhabituel où se télescopent présent et passé. A ne rater sous aucun prétexte, l’imposant pin tricentenaire planté par le 6ème shôgun Tokugawa, Ienobu.

le pin tricentenaire planté par le 6ème shôgun Tokugawa, Ienobu, qui présida au réaménagement du jardin.

Un plan du Hama-Goden écrit il y a environ 210 ans au cours de l’ère Edo (conservé au Tokugawa Institute for the History of Forestry). Près de l’entrée se trouvaient les résidences des bureaucrates et les pavillons de garde. Au même endroit a été construit l’Enryokan, en 1870, qui servait à l’accueil des dignitaires étrangers.

la maison de thé de l’île vue depuis l’étang de marée.


Deux kamoba (mares pour la chasse au canard)

Le Hama-Goden comprenait deux mares destinées à la chasse au canard, le Koshindo-kamoba et le Shinsenza-kamoba. Chacune des mares est munie de tranchées étroites qui se terminent par un remblai abritant un poste de guet (photo①). Les canards étaient apprivoisés : ils étaient nourris au son d’un maillet frappant une plaque de bois (photo②). Les canards apprivoisés se rassemblaient dans la tranchée au son du maillet frappant la plaque de bois et les canards sauvages suivaient leur mouvement (photo④). Un judas (photo③) permettait alors de guetter le bon moment pour jeter sur les canards sauvages des filets qui les retenaient captifs.


Visitez le jardin à l’aide d’un guide multimédia portatif

Ces guides multimédia portatifs sont mis à disposition gratuitement et présentent les éléments remarquables du jardin. Ils sont disponibles en japonais, anglais, chinois (caractères simplifiés et traditionnels) et coréen.

DATA

Adresse : arrondissement de Chuo-ku, jardin Hama-Rikyu Teien
Téléphone : 03-3541-0200
Jours de fermeture : du 29 décembre au 1er janvier
Heures d’ouverture : de 9h à 16h30 et à partir de 7h30 du 1er juillet au 10 août
(fermeture à 17h)
Entrée : 300 yens (150 yens pour les plus de 65 ans). Gratuit pour les collégiens résidant à Tokyo et les écoliers