Visionneuse

JQR INTERVIEW – Claude Gagnon, Réalisateur

Decrease Font Size Increase Font Size Text Size Print This Page

 

JQR INTERVIEW – Claude Gagnon, Réalisateur

 

 

Le Japon a changé en apparence, mais très peu dans le fond

On se souvient généralement du film “Kenny” et de son réalisateur québécois barbu aux cheveux longs, mais le nom de Claude Gagnon est beaucoup plus familier aux oreilles des Japonais. Son premier film à grand succès “Keiko” en 1979, qui a été réalisé ici, est non seulement celui qui l’a propulsé vers une renommée mondiale, mais aussi celui qui a relié le réalisateur au Japon. Parmis ses nombreuses œuvres, on pense à “Kamataki” puis à son tout dernier né, “Karakara”, un film entièrement tourné à Okinawa racontant l’histoire d’un intellectuel retraité québécois en quête de spiritualité et d’une Japonaise à la vie familiale compliquée. Le film connait un franc succès en salle depuis son lancement en janvier aumJapon et est déjà récipiendaire de prix d’excellence. De passage à Tokyo, Claude Gagnon a accepté de raconter à JQR l’histoire de son rapport avec le Japon.

À 20 ans, si tu étais un intellectuel, c’était l’époque où tout le monde partait pour la France. Moi je n’ai jamais vraiment fait comme les autres. J’essayais de trouver le pays qui étais le plus aux antipodes de ce que moi je connaissais, sur les aspects de culture, religion, philosophie, géographie.

Dans les années 60, j’ai quitté le seminaire, le cours classique, pour faire du cinema. Puis en 68, désireux de découvrir le monde hors des livres, je suis allé au Mexique sur le pouce, pour découvrir le pays durant les Jeux Olympiques. Et assez étrangement, je me suis rendu compte en chemin que je ne savais rien de rien des États-Unis. Ce que je connaissais, c’était ce que j’avais lu dans les livres. Un noir qui te conduis jusqu’à l’autre bout d’un pont et te donne 5$ par charité car toi tu avais passé la nuit en prison parce que tu n’avais pas d’endroit pour te loger, à 18 ans, ça ne correspondait absolument à rien à ce que j’avais lu. Tu lis Sartre, tu lis Camus, tu as l’impression de tout savoir, puis tu débarques dans le vrai monde. Tout ce que j’avais pensé des américains jusque là était faux ou partiellement vrai. Dans le sud des États-Unis, un homme m’a pris avec lui dans son pick-up, un vrai avec le chapeau et la carabine. Il regardait d’un très mauvais oeil ma barbe et mes longs cheveux, que je portais fièrement au vent de l’époque. J’ai tout de même eu de la chance car j’étais un grand sportif et j’aimais le football américain et lorsqu’il m’a nommé un certain joueur du Texas qui jouait dans la ligue canadienne, j’ai tout de suite dit “Oh! My favorite!” et j’ai ainsi gagné sa sympathie. Puis il m’a conduis jusqu’à un barbier et m’a donné quelques sous pour que je me fasse couper la tignasse ! Je suis donc entré dans le portique du barbier, je m’y suis caché et j’ai attendu jusqu’à ce qu’il soit reparti ! Tout ça pour dire que cette expérience avait changé complètement ma perception de comment on voit les gens et comment on nous voit.

この記事の感想
  • とてもおもしろく役に立った (0)
  • おもしろかった (0)
  • 役に立った (0)
  • つまらなかった (0)

Pages: 1 2 3 4